Malgré une intersaison particulièrement courte, Renault Sport F1 a tout de même effectué de nombreux progrès. Pouvez-vous détailler les domaines dans lesquels vous avez apporté des améliorations ?
Durant l’intersaison, nous avons pris un certain nombre de mesures pour aller de l’avant et progresser. La priorité s’est portée sur des changements structurels. Parmi les différentes transformations apportées, j’en soulignerai trois pour expliquer où se concentreront nos efforts en 2015.

Plus fluide, cette nouvelle structure permettra tout d’abord de répondre au besoin d’évoluer et de s’adapter en permanence au cœur même de Renault Sport F1. À ce titre, deux départements voient le jour. En tant que « Chief Technical Officer », Rob White tirera profit de sa connaissance approfondie de Renault Sport F1 pour établir la stratégie et la feuille de route qui permettront d’acquérir, de développer, et d’utiliser les compétences techniques au sein de la société. Bien sûr, ce pôle gardera un œil attentif et constant sur les projets moteur.

La performance en F1 résultant avant tout de l’efficacité et de la qualité de la productivité humaines, nous avons nommé en parallèle Jean-Paul Gousset comme « Organisational Performance Officer ». Ancien chef de production, il gérera désormais l’ensemble du protocole et des procédures. Jean-Paul aura à charge de conduire les changements les plus importants, car c’est bel et bien l’association des deux qui stimule et dans le maintient de l’esprit de compétition que nous souhaitons voir à Viry-Châtillon.

La création du pôle « développement », avec à sa tête Naoki Tokunaga, a pour but de superviser le département ingénierie, qui reste sous la direction de Jean-Philippe Mercier. Naoki, pour sa part, s’occupera directement des branches « performance » et « fiabilité ».

Le dernier changement notoire concerne la mission de Rémi Taffin qui supervisera l’ensemble de la chaîne des opérations de Renault Sport F1, des bancs d’essai à la piste en passant par l’assemblage des pièces. En confiant toutes ces responsabilités à une personne comme Rémi, expert dans le monde de la course, nous souhaitons que l’esprit de compétition ne se limite pas à la piste mais imprègne aussi les ateliers de l’usine. Une communication plus fluide en interne assurera une meilleure qualité de contrôle et une maîtrise des coûts.

Maintenant que toute l’organisation a été rationalisée, nous disposons d’un lien continu entre l’usine et la piste. Ceci nous offre une plus grande marge de manœuvre pour gérer au mieux les effectifs ainsi que les charges de travail et d’activité. La nouvelle organisation favorisera également les évolutions de carrière chez Renault Sport F1.

Quels avantages comptez-vous tirer de ce remaniement ?
Il est encore trop tôt pour ressentir les bénéfices réels d’une telle réorganisation, mais tous les changements ont été effectués en vue d’obtenir des résultats probants sur le long terme. En gagnant une plus grande souplesse et une meilleure efficacité sur l’ensemble des opérations, nous devrions commencer à mesurer leurs impacts aux alentours de la mi-saison.

Ces changements ont-ils un lien direct avec le niveau de performance affiché en 2014 ?
Ce n’est pas spécifiquement le cas. En Formule Un, les choses progressent très vite. La discipline évolue constamment, tout comme la technologie, et la compétition ne s’arrête jamais. Renault Sport F1 doit donc impérativement se développer au même rythme, et le site de Viry avait besoin d’un nouvel élan. Nous ne manquions pas de moyens matériels ou financiers en 2014 ; nous n’avons en fait pas exploité ces ressources à temps et de façon suffisamment coordonnée pour en extraire leurs qualités optimales. Nous ne souhaitons pas blâmer qui que ce soit ; ces évolutions visent juste à améliorer le fonctionnement collectif.

Quels effets ces évolutions vont-elles avoir sur les écuries partenaires de Renault ?
Les pôles « performance » et « fiabilité » se voient confier des responsabilités précises. L’intégration de ces deux services transversaux nous rapproche du modèle d’organisation existant aujourd’hui dans les écuries de Formule Un. Des passerelles et des synergies naturelles devraient donc s’établir avec nos clients. En reproduisant ce schéma d’équipe au sein de notre propre structure, nous pourrons plus facilement nous fondre dans la culture de l’écurie et rendre la communication plus intuitive. La diminution des « obstacles » à franchir devrait ainsi libérer notre créativité, notre volonté d’initiative, notre pouvoir de décision, et notre capacité à mettre en place les actions nécessaires.

Est-ce que des employés du groupe Renault continueront d’être détachés chez Renault Sport F1 ?
Oui, plus que jamais. Nous devons créer des liens solides et authentiques entre la série et le sport automobile, dans un sens comme dans l’autre. Nous, le département F1, avons besoin du soutien de Renault. Et vice versa. Le personnel qui rejoint Renault Sport F1 nous apporte ses propres compétences. Puis, à leur tour, les employés emportent un véritable savoir-faire F1 lorsqu’ils retournent développer des voitures de série au sein du Groupe. À l’heure actuelle, des collaborateurs Renault sont détachés dans plusieurs départements et permettent d’apporter des améliorations sur des domaines liés aux modèles de série, notamment le rendement énergétique et les systèmes électriques.

Quels sont les objectifs de Renault Sport F1 en 2015 ?
Nous avions un programme de travail cet hiver et savons ce que nous avons accompli. Nous pensons avoir progressé sur la performance tout en améliorant la fiabilité. Nous ignorons où se situent nos adversaires, et la question de l’écart entre nos concurrents et nous restera posée jusqu’aux premiers tours de piste, mais nous sommes confiants quant aux efforts fournis pour rattraper notre retard et nous abordons la saison 2015 avec sérénité. Notre objectif consiste à réduire l’écart au maximum pour fournir à Red Bull Racing et à Scuderia Toro Rosso une monoplace plus performante sur circuits, quelles que soient leurs caractéristiques et leurs sensibilités.

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