Renault Sport Formula One Team a célébré hier le 110e anniversaire de sa première victoire en Grand Prix au cours d’une magnifique soirée au cœur de la capitale hongroise, Budapest. En 1906, Renault et sa révolutionnaire Type AK confiée à Ferenc Szisz ont remporté au Mans le tout premier GP officiel, assurant au pilote hongrois et au constructeur une place unique dans l’histoire de la F1.

Disputé sur les routes publiques autour du Mans les 26 et 27 juin 1906, le premier Grand Prix se tenait sur deux jours. Renault y engageait la Type AK, dotée d’un châssis léger et d’un moteur quatre cylindres 12,9 litres. Trente-deux voitures étaient au départ de cette longue épreuve, mais beaucoup échouaient dans une chaleur étouffante. Après 1238,16 km de course accomplis à une incroyable vitesse moyenne de 100,9 km/h, Szisz franchissait néanmoins l’arrivée avec trente-deux minutes d’avance sur son plus proche poursuivant. Un triomphe realisé grâce à l’innovation technique de sa voiture de 90 chevaux et des nouveaux pneus facilement remplaçables des frères Michelin.

Né dans une petite ville du comitat de Békés dans la zone hongroise de l’ancien Empire austro-hongrois, Ferenc Szisz suivait une formation de chaudronnier avant de commencer à travailler sur des pièces mécaniques au début des années 1890. Peu satisfait de son travail, il prenait alors la direction de Budapest et Vienne, les grandes capitales de l’époque.

Il trouvait un emploi dans le secteur en pleine croissance de l’automobile et de l’aviation avant de rejoindre Munich, où il se familiarisait avec l’équipement électrique des véhicules motorisés chez Bosch.

Après Munich, Szisz déménageait à Paris pour travailler dans une usine produisant des machines-outils. Après l’achat par Renault d’une de ces machines, Szisz ralliait l’entreprise en tant qu’ingénieur et metteur au point. Sa relation avec Renault allait se révéler longue et fructueuse. D’abord placé au service des machines-outils, il était transféré dans la partie production, où un travail minutieux et raffiné était nécessaire sur le piston, l’essieu et la découpe des roulements, tous requérant une finition manuelle à cette époque.

Les compétences de Szisz étaient rapidement reconnues et il devenait le mécanicien de course de Marcel Renault. À l’époque, celui-ci prenait place à côté du pilote tout en essayant ses voitures en vue des épuisantes épreuves de ville en ville. En 1902, il était également choisi pour occuper ce rôle auprès de Louis Renault avant d’être pilote de course Renault après la mort tragique de Marcel lors du Paris-Madrid de 1903. Il rencontrait immédiatement le succès en obtenant le cinquième rang sur la Coupe Gordon-Bennett 1905 disputée sur le Circuit d’Auvergne près de Clermont-Ferrand.

La même année, en octobre, Renault envoyait une équipe aux États-Unis sur la Coupe Vanderbilt à Long Island dans l’État de New York, aux côtés d’autres constructeurs français et italiens. Dans un peloton comprenant d’éminentes célébrités d’alors telles que Felice Nazzaro et Louis Chevrolet, Szisz se classait cinquième d’une classique remportée par la Darracq du Français Victor Hémery.

Avec l’essor du sport, le premier Grand Prix était organisé en 1906 sur les routes du Mans. Le triomphe de Szisz lui rapportait 45000 francs, une somme énorme pour l’époque, mais aussi la citoyenneté française et une décoration de l’État français.

Son succès lui assurait avec Renault une place à jamais au panthéon de la course automobile.

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