Premier véhicule de série badgé « Renault Sport », le Spider marque un véritable tournant dans notre histoire…

L’O.V.N.I.

Depuis sa présentation au Salon de Genève 1995, le Spider suscite toujours le même étonnement chaque fois qu’on le découvre. Qui peut imaginer, à première vue, que l’on a affaire à un véhicule Renault ?

C’est pourtant bien le cas : ce roadster ultra-sportif, en rupture avec les standards de la marque, officialise l’entrée de Renault Sport sur le marché des véhicules sportifs de série.

Comment rester de marbre face à son capot plongeant et ses formes dynamiques, qui s’accordent parfaitement avec son style épuré et radical ? Un style que l’on retrouve au niveau les ailes, sublimées par deux grosses entrées d’air, mais aussi derrière les deux sièges baquet, où s’élève un arceau gris titane, si caractéristique du Spider.

A sa sortie, il ne possède pas de pare-brise : celui-ci est remplacé par un système « saute-vent », qui fait circuler l’air au-dessus du conducteur et de son passager. Une particularité qui oblige le port du casque. C’est pourquoi une version avec pare-brise sera proposée plus tard.

Vous l’aurez compris, ce modèle est une surprise en lui-même. Et comme une surprise peut en cacher une autre, notre petite française prend soudain un air de sportive italienne quand on ouvre ses portes en élytre.

Les sensations avant tout !

Le message est clair : pas de superflu, que de l’efficacité. Oubliez l’ABS, le chauffage ou l’assistance de direction, le Spider a été dépouillé au maximum jusqu’à atteindre un poids de 930 kg en version « saute-vent » (soit à peu près celui d’une Twingo II). L’habitacle est donc très sobre, et à part le volant, il ne comporte aucun élément en plastique : tout ou presque est en aluminium ! Cette matière est également la principale composante du châssis, car très légère.

Spécialement créé pour la légendaire Clio-Williams en 1993, c’est le moteur 2.0L atmosphérique 4 cylindres en ligne qui sera placé en position centrale arrière dans le Spider. Avec ses 147 ch et son couple maximal de 175 Nm à 4500 tr/min, il convient parfaitement à notre « barquette », lui offrant un rapport poids/puissance très honorable de 6,2 en version « saute-vent ». Niveau performances, elle affiche le 0-100 km/h 6,9s et le kilomètre départ arrêté en 27,8s, sa vitesse maximale étant de 213 km/h.

Une fois lancé sur la route, le Spider dégage une vivacité presque indécente ! Grâce à sa radicalité si singulière, chaque courbe, chaque accélération au volant ce grand jouet est un régal. Un véhicule « plaisir » donc, qui s’impose comme une référence dans son domaine.

L’héritage d’Alpine

Si le Spider est très particulier pour le public, il l’est aussi pour nous, car il résulte d’une période de forte transition chez Renault Sport.

En effet, c’est le début d’une nouvelle configuration qui vise à surfer sur nos succès en compétition durant les années 1990, notamment en Formule 1, en commercialisant des véhicules sportifs de marque « Renault Sport ». Cela implique donc la fin (provisoire) de la production chez Alpine en 1995.

Le Spider sera donc assemblé à la main dans la légendaire usine de Dieppe, berceau de la non moins légendaire berlinette Alpine A110 et de ses sœurs.

Autre point commun avec la championne du monde des rallyes 1973, sa silhouette fine et plongeante qui instaure une certaine continuité, comme une passation entre les deux entités qui viennent de se succéder. On notera aussi les jantes, issues de l’Alpine A610.

Spécifications Techniques :

Moteur 2.0L 16 soupapes (position centrale arrière)
Puissance Maxi 147 ch
Couple Maxi 175Nm à 4500 tr/min
Transmission Propulsion
Boîte de vitesses Manuelle 5 rapports
Poids 930kg (965kg avec pare-brise)
Vitesse Maxi 213 km/h (204 km/h avec pare-brise)
0-100 km/h 6,9s (7,2s avec pare-brise)
1000m D.A. 27,8s (28,1s avec pare-brise)

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