Sotchi a beau se situer géographiquement en Europe, les 3500 km séparant la ville du siège parisien de Renault Sport F1 en font un déplacement à part.

Le confort rassurant des camions transportant les tonnes de matériel nécessaire laisse place à une organisation normalement dédiée aux épreuves asiatiques et américaines : combinaison des frets aérien et maritime couplés à un complexe plan logistique. Chef de service logistique et sécurité chez Renault Sport F1, Jean-Pierre Raymond révèle les secrets de la troisième des sept manches ‘outremer’ qui concluent la saison 2015.

« Si la Russie est techniquement un pays européen, l’éloignement des bases des équipes nécessite une préparation semblable à celle des courses lointaines telles que l’Australie. Nous expédions deux lots d’équipement : un par les mers et un par les airs. »

« Néanmoins, il ne s’agit pas exactement de fret maritime. Les consommables sont habituellement embarqués sur un cargo mais cette fois, ils ont été envoyés par plusieurs camions sur la route. Près de 300 kg d’équipement ont été ainsi expédiés depuis Paris pour rejoindre l’Italie, puis la Russie début septembre avant leur livraison sur le circuit la semaine précédant le GP. »

« Le fret aérien se compose de six tonnes, dont des éléments du power unit et des accessoires. Par mesure d’économie, tout est expédié de Paris au premier rendez-vous outremer – Singapour cette année – avant de suivre chaque manche sans revenir en Europe. Nous devons donc anticiper les besoins sur sept courses en une seule fois ! Ce fret quitte le Japon le mardi après la course pour rejoindre Sotchi le lundi avant le Grand Prix de Russie. »

« C’est une tâche difficile, car les besoins peuvent changer selon les nouveaux développements. Nous avons donc la possibilité d’envoyer un autre lot par voie aérienne de France vers la Russie. »

« En parallèle de ces défis classiques pour les courses outremer, l’une des tâches les plus chronophages de ces livraisons est la documentation, car tout doit être traduit en russe. Nous faisons donc appel à une agence spécialisée pour nous aider à remplir les dossiers. »

« En Russie, la logistique personnelle est également compliquée. Tout le monde doit avoir un visa pour entrer sur le territoire russe. Cela prend du temps, mais la procédure a été simplifiée cette année et nous avons pu tout récupérer rapidement. De plus, il n’y a pas de vol direct entre Paris et Sotchi. Nous mettons donc près de douze heures pour y arriver, presque autant que pour se rendre au Japon ! Une fois sur place, nous séjournons dans les hôtels proches du circuit, spécialement construits pour les Jeux Olympiques de 2014. Pour être honnête, c’est très pratique même si les contrôles de sécurité sont plus nombreux qu’habituellement. Chaque voiture doit être inspectée avant d’entrer sur le circuit et les forces de police sont bien plus présentes qu’ailleurs. »

« Une fois que nous y sommes, le Grand Prix se déroule sans encombre grâce à notre niveau de préparation en amont. Par rapport à un week-end classique, la charge de travail est supérieure d’environ 50 %. »

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