Les dunes du désert de Sakhir ont souvent porté chance à Renault, puisque 40 % des courses disputées sur le Circuit International de Sakhir ont été remportées par un moteur Renault.

C’est Fernando Alonso qui montre la voie en 2005 avec un premier succès pour Renault F1 Team avant de gagner également la saison suivante. En 2012, les moteurs Renault signent un quadruplé puis trustent le podium l’année d’après. Sur un tracé où 60 % du tour est négocié à plein régime et où le climat soumet les moteurs à rude épreuve, le constructeur français est légitimement fier de son palmarès à Manama.

Rémi Taffin, Directeur des Opérations, se souvient : « La première année où nous sommes allés à Bahreïn, nous ne savions vraiment pas à quoi nous attendre car nous n’avions jamais couru sous un climat désertique. Certes, nous avions déjà visité des pays chauds et voyagé dans des endroits secs, mais jamais dans un lieu qui combinait les deux. En jetant un œil au tracé, ses longues lignes droites et ses épingles serrées, nous savions d’emblée que le circuit serait exigeant. Nous avons rapidement appris beaucoup de choses sur place mais nos préparations en amont avaient été intenses avec un énorme travail au banc d’essais. Le programme du vendredi était également incroyablement chargé. Nous avons terminé quatrième lors de notre première venue à Bahreïn. Pour notre retour en 2005, nous avions bien préparé le terrain auparavant et savions disposer d’une excellente voiture. Fernando [Alonso] s’est imposé avec une certaine aisance cette année-là. Ce fut plus difficile en 2006. La voiture de Giancarlo [Fisichella] a rencontré un souci. Cela montre à quel point nous flirtions avec la limite, et combien il était crucial de bien mettre en place tous les éléments.

Malheureusement, nous avons dû patienter jusqu’en 2012 pour gagner de nouveau à Bahreïn. En arrivant sur place cette saison-là, le championnat était très ouvert. Nous savions que la victoire était à portée de main mais tout devait être parfait. Nous travaillions avec de bonnes écuries qui avaient toutes produit d’excellentes monoplaces. Les trois premiers Grands Prix de l’année avaient vu trois équipes différentes s’imposer. Nous sommes parvenus à réunir tous les ingrédients sur cette course, chez Red Bull comme chez Lotus. Du coup, c’était extrêmement stressant de voir les quatre voitures se battre en piste. Dans ces cas-là, on peut passer du tout au rien en un instant, surtout lorsque Kimi [Räikkönen, alors chez Lotus] a attaqué Seb [Vettel] en tête de la course ! Depuis la salle de contrôle, vous aviez parfois envie de détourner le regard de l’action en piste. Kimi poussait véritablement et les deux pilotes auraient pu s’accrocher. Au final, la lutte est restée très propre, mais tout le monde a eu quelques sueurs froides. La cerise sur le gâteau est venue des troisième et quatrième places mais nous n’avons rien tenu pour acquis avant le drapeau à damier, d’autant que tout le monde était vraiment performant. Les McLaren se trouvaient en embuscade et la dégradation des pneumatiques en fin de course restait une inconnue.

En 2013, dernière année de l’ère des V8, nous connaissions les moteurs par cœur et savions comment les optimiser, mais nous voulions absolument refermer cette période sur une victoire. Nous avons lancé notre saison de manière idéale avant que la situation ne s’améliore encore plus à Bahreïn avec un triplé. D’une certaine manière, ce résultat a donné le ton pour la suite des événements cette année-là. »

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