La saison 2015 marque le 10ème anniversaire du premier titre de Champion du Monde du Renault F1 Team. Au volant de la Renault R25, Fernando Alonso coiffe sa première couronne mondiale lors du dernier Grand Prix au Brésil. Sa campagne victorieuse débute cependant réellement en Malaisie.

Son équipier Giancarlo Fisichella a en effet frappé le premier en s’imposant en Australie, et Alonso doit attendre ce deuxième meeting à Sepang pour trouver son rythme. L’équipe possède alors un certain avantage sur le reste de la grille et Fernando signe la pole position avec 2/10e de seconde d’avance sur la Toyota de Jarno Trulli. Il conserve ensuite les commandes à l’extinction des feux et emmène la meute pendant toute la durée du Grand Prix. Il suffit cependant d’observer la fatigue du pilote, visible lorsqu’il grimpe sur la plus haute marche du podium, pour comprendre que sa course fut loin d’être aussi facile qu’elle ne l’y parut de l’extérieur.

Son ingénieur moteur d’alors n’est autre que Rémi Taffin, qui nous dévoile les coulisses de ce succès : « L’équipe avait terminé premier et troisième à Melbourne, mais Fisico avait fini devant. Nous avions en effet commis une erreur en qualifications avec le niveau de carburant ce qui avait pénalisé Fernando. Nous arrivons donc en Malaisie incroyablement motivés. La voiture est performante et Fernando en grande forme. Il adore Sepang, ce circuit où il décrocha sa première pole en F1 lors de la saison 2003. Il y réitère sa performance deux ans plus tard, avec une confortable avance, mais il est pris de fièvre le dimanche et n’est pas au meilleur de sa forme durant la course. Il manque même de s’évanouir en sortant de la voiture, mais il gagne avec près de 25 secondes d’avance. Je vous laisse imaginer notre satisfaction de posséder un pilote – même malade – et une voiture aussi performants. Le moteur, est également l’un des meilleurs sur lequel il m’ait été donné de travailler, et certainement le plus compétitif du plateau. Nous avions repensé le concept du V10 et surpris notre monde tant il était puissant et souple. Pendant l’épreuve, Fernando s’était construit une confortable avance réduite à néant par l’intervention de la voiture de sécurité. Il parvint ensuite à creuser de nouveau l’écart que l’on sait. Nous avons dès lors cru en nos compétences et en notre capacité à nous battre pour le championnat.  »

À l’usine, un petit groupe d’ingénieurs suit cette manche depuis l’écran géant de la salle de cinéma installée chez Renault. L’un d’eux, Ricardo Penteado, aujourd’hui Responsable du centre d’opérations à Viry, était à l’époque ingénieur banc et simulation. Il raconte : « Il n’y avait que deux ou trois personnes dans la pièce car l’horaire était très matinal en Europe.
C’était intense, car même si nous savions que l’organisation était au rendez-vous et la course sous contrôle, il faut toujours fournir des efforts intenses pour s’imposer en Malaisie.
L’humidité est élevée et nous avions affiné la cartographie du moteur pour gérer ce facteur. Voir Fernando l’emporter avec une telle avance démontra que nous avions vu juste. Je me souviens avoir envoyé le résultat du Grand Prix à toute l’usine. Quel sentiment ! Nous étions tellement surexcités par cette domination que j’y suis allé de mes prédictions pour d’autres épreuves à venir et je les ai également transmises !
 »

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