L’édition 2015 du Grand Prix du Brésil marquera le dixième anniversaire du premier titre de Fernando Alonso avec Renault. Au terme d’une saison intense, l’Espagnol s’offrait sa première couronne mondiale avec un podium à Interlagos. Il devenait alors le plus jeune Champion du Monde de l’histoire et permettait à Renault de remporter son premier sacre depuis 1997, le tout premier en tant que Renault F1 Team.

Ingénieur moteur de Fernando au Brésil, Rémi Taffin revient sur un week-end éprouvant :

« Nous avions conçu une voiture performante en 2005. En première partie d’année, nous avions signé six victoires avec Fernando et une de plus avec Giancarlo [Fisichella]. Mais la saison était extrêmement disputée et les McLaren étaient très fortes. »

« En arrivant au Brésil fin septembre, Fernando et Kimi Räikkönen étaient encore en lice pour le titre pilotes. Avec notre bonne entame de saison, nous savions que Fernando n’avait besoin que d’un podium pour sceller l’affaire. Néanmoins, nous n’avions rien pris pour acquis car les McLaren continuaient de progresser. Elles avaient d’ailleurs remporté tous les Grands Prix depuis l’Allemagne, fin juillet. Il y avait donc beaucoup de pression sur nos épaules. »

« Nous formions une équipe encore jeune. La majorité du personnel Renault à Viry n’avait jamais joué ou gagné de titre. De plus, le partenariat entre Viry et Enstone était encore dans ses premières années, mais d’anciens mécaniciens et ingénieurs de Benetton qui avaient connu l’épopée Schumacher des années 1990 nous ont aidé à nous détendre et à nous motiver s’il le fallait. Je me souviens toutefois que nous étions extrêmement prudents dans le box, presque paranoïaques. Nous avons bien dû tout vérifier au moins trois fois ! »

« Le week-end débutait bien avec Fernando en pole, puis en tête. Cela n’a pas duré longtemps puisque les deux McLaren ont pris l’avantage. Dès lors, il fallait conserver notre position pour être sacré.
Etre prudent, éviter tout risque inutile et rallier l’arrivée a semblé interminable !
La course s’est déroulée sans problème particulier et Fernando a fait du superbe travail en restant concentré malgré l’impressionnante quantité d’échanges à la radio. Il a su filtrer les informations dont il avait besoin et il a obtenu le podium et le titre. Le podium était superbe, très agréable, et les échanges entre Kimi et Fernando témoignaient de leur immense respect mutuel. »

« Après la course, il y avait naturellement une petite fête. A notre retour en France, il y a eu une cérémonie, mais nous nous sommes rapidement remis au travail comme le titre chez les constructeurs était toujours en jeu et indécis. Il fallait l’obtenir pour célébrer tout cela après la Chine ! »

Retour en haut