Alors que se profile l’ePrix de Long Beach, sixième manche du Championnat FIA de Formula E 2015/2016 (samedi 2 avril), difficile de croire que le cap de la mi-saison est sur le point d’être franchi. En guise de préparation, plongeons d’abord au cœur de l’élaboration de la stratégie de course en Formula E avec notre expert technique Vincent Gaillardot. Puis retrouvons Jean-Paul Driot et Alain Prost, les directeurs de Renault e.dams, pour revenir sur un ePrix de Mexico des plus palpitants.

L’expertise de Vincent Gaillardot, Directeur du programme Formula E chez Renault Sport

Son excellente première moitié de saison, Sébastien Buemi la doit en grande partie à des stratégies de course planifiées et exécutées avec soin. Alors que les préparations pour la sixième épreuve de la saison à Long Beach battent leur plein, Vincent Gaillardot, Directeur du programme Formula E chez Renault Sport, nous en dit plus sur cet aspect crucial de la compétition.

Quel élément influence le plus la stratégie de course en Formula E ?
« Nous sommes limités à 28 kWh d’énergie avec risque de pénalité si nous dépassons ce seuil. Par conséquent, il nous faut établir une stratégie qui optimise cette réserve : c’est là notre plus grand défi. La gestion de l’énergie est cruciale en Formula E, au même titre que l’est celle du carburant dans d’autres championnats automobiles. »

On imagine que vous effectuez beaucoup de simulations pour tester différents scénarios de course et parfaire votre stratégie. Quels enseignements vous apportent-elles ?
« On apprend beaucoup du travail de simulation. Par exemple, l’ePrix de Long Beach sera sans doute la dernière course de la saison disputée sous de fortes températures. Cette chaleur, nous pouvons la recréer et utiliser les données pour non seulement peaufiner les réglages de la voiture, mais également voir comment le pilote peut l’exploiter au mieux durant la course.

En revanche, beaucoup d’éléments restent imprévisibles : position sur la grille de départ, trafic, interventions de la Voiture de Sécurité, temps du pit-stop, etc. Il faut quand même prendre ces facteurs en considération dans nos simulations. Ainsi, vous êtes en mesure de faire le choix le plus judicieux durant les quelques secondes dont vous disposez pour réagir à un imprévu. »

On a déjà évoqué l’importance de la communication entre pilotes et ingénieurs avec Sébastien et Nico. En quoi ces échanges jouent-ils un rôle prépondérant en matière de stratégie ?
« C’est en théorie à l’ingénieur de déterminer la stratégie mais, vu le peu d’informations transmises par la télémétrie durant les différentes séances, il va s’appuyer sur le retour du pilote en piste. Sébastien et Nico nous tiennent informés de leur consommation d’énergie et les ingénieurs utilisent ces données pour leur conseiller ensuite de gérer ou bien d’attaquer pour dépasser. Une part importante de responsabilité repose ainsi sur les pilotes, qui doivent parfois faire des ajustements sur le volant en pleine action, voire modifier leur style de conduite pour rallier l’arrivée. »

Quelle importance accordez-vous à l’arrêt obligatoire, ainsi qu’au temps minimum imposé pour ce pit-stop ?
« Avant chaque manche, la FIA établit un temps de référence à respecter, mais il ne faut pas oublier que les pilotes doivent également changer de monoplace dans cet intervalle. Si vous n’êtes pas bien préparés, les secondes s’égrènent alors très vite. Nous perfectionnons nos procédures sans cesse. Nos entraînements se révèlent particulièrement fructueux car ils peuvent aider les pilotes à gagner des positions dans les stands. »

Le debrief de Mexico

L’ePrix de Mexico a clairement marqué les esprits. Si la Formula E nous a offert son lot de sensations fortes habituelles en piste, les pénalités d’après-course sont venues un peu plus chambouler le classement final. En signant un double podium et le meilleur tour en course, Renault e.dams a confirmé ses belles dispositions dans cette campagne 2015/2016.

Alain Prost : « Au vu des circonstances de course assez chaotiques, avec beaucoup de bagarre en piste jusqu’à la fin, nous étions plutôt satisfaits de voir Sébastien et Nico terminer troisième et cinquième. Les pénalités d’après-course nous ont finalement permis de repartir du Mexique avec les deuxième et troisième places. Un résultat qui augmente notre avance au championnat des Teams, tandis que Sébastien conserve la tête du classement Pilotes où Nico grimpe au sixième rang. »

Jean-Paul Driot : « Le résultat d’ensemble de Mexico fut positif, d’autant que nous n’étions pas parvenus à pleinement exprimer le potentiel de la voiture ni de l’équipe ce week-end-là. Au fil des années, nous avons appris que les meetings parfaits ne sont pas monnaie courante. C’est bien la régularité des deux voitures qui permet de remporter des championnats. »

AP : « Ce genre de week-end peut arriver en effet. Je retiens surtout que l’état d’esprit au sein de l’écurie Renault e.dams est extraordinaire et que nous avons su tout mettre en œuvre pour décrocher un beau résultat. »

JP-D : « Nous travaillons d’arrache-pied pour donner le meilleur de nous-mêmes sur chaque course, et nous cherchons à nous améliorer en permanence. C’est pourquoi nous poursuivrons nos efforts à Long Beach et lors des cinq manches suivantes. »

AP : « Il faut également saluer la ferveur des fans mexicains. Ils ont été formidables tout le week-end. Le Mexique possède une très grande culture du sport automobile et d’excellents pilotes peuplent son histoire. Au final, ce fut un succès retentissant et j’espère sincèrement que nous retournerons à Mexico la saison prochaine. »

ePrix de Long Beach – soyez au courant !

  • Longueur du tracé : 2,1 km
  • Nombre de virages : 7

Résultats en Saison 1

  • Vainqueur : Nelson Piquet Jr. (NEXTEV TCR)
  • Pole position : Daniel Abt (ABT Schaeffler Audi Sport)
  • Classement de Sébastien : 4ème
  • Classement de Nico : 14ème
  • Meilleur tour en course : Nico Prost (Renault e.dams) en 58’973

Le saviez-vous ?
La ville de Long Beach affiche un ensoleillement moyen de 345 jours par an.

Le saviez-vous ?
À partir de 2025, tous les bâtiments commerciaux conçus en Californie devront répondre aux normes environnementales « zéro énergie ». Autrement dit, la quantité d’énergie consommée annuellement par l’immeuble devra être compensée par l’énergie renouvelable créée sur place lors de la même période.

Le saviez-vous ?
Formula E, Formule 1, IndyCar, Indy Lights, Formula Drift, WeatherTech SportsCar Championship, etc. au total, ce ne sont pas moins de 10 championnats qui ont couru sur le circuit urbain de Long Beach sous ses différentes formes.

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