Renault e.dams se rend sur la dernière épreuve de la saison 2015-2016 du Championnat FIA de Formula E avec un double objectif : gagner les titres chez les équipes et les pilotes.

L’écurie dispose d’un petit coussin dans la course au titre grâce à une avance de onze points sur ABT Schaeffler Audi Sport. La couronne des pilotes est encore plus disputée avec une seule unité séparant Sébastien Buemi de son rival Lucas di Grassi.

Si Renault e.dams venait à l’emporter, il s’agirait du deuxième sacre consécutif de la structure française chez les équipes, mais du premier pour Sébastien, qui avait manqué l’an passé le titre inaugural de la Formule E pour un tout petit point.

Situé au sud de la Tamise, le magnifique et paisible Battersea Park de Londres sera le théâtre des débats pour le baisser de rideau du championnat ce week-end. La piste de 2,925 km emprunte essentiellement le pourtour du parc, longeant le Battersea Power Station et son lac avant de se diriger vers la rivière. Fait unique en Formula E, deux manches sont au programme : une le samedi et une le dimanche. Chaque journée suivra un format identique, avec les essais libres précédant les séances de qualification et la superpole finale avant une course de 33 tours.

Leader sur le marché des véhicules électriques en Europe, Renault dispose d’une gamme plus large que n’importe quel autre constructeur sur le segment. Celle-ci couvre tous les désirs : de la Twizy, amusante et pleine de caractère, au Kangoo Van Z.E., pratique et économique. Citadine polyvalente 100 % électrique, Renault ZOE se révèle très populaire sur les routes britanniques : plus de 4500 ont déjà trouvé un heureux propriétaire. Le modèle a également remporté de nombreux prix, dont celui de la « meilleure citadine polyvalente » d’après le sondage Auto Express Driver réalisé en 2016, démontrant ainsi que les qualités des voitures électriques ne se limitent pas qu’à une question d’économies. Sans surprise, les ventes connaissent un rythme de croissance énorme, dépassant 100 % entre 2014 et 2015.

Points de vue

Alain Prost, copropriétaire de l’équipe
On n’aborde jamais la dernière course comme un week-end normal, surtout lorsque l’on lutte pour le sacre, mais il faut se concentrer sur chaque séance et chaque tour plutôt que trop se projeter. La bataille est très serrée pour les deux titres et peut-être se poursuivra-t-elle jusqu’à l’ultime tour ? Nous avons vu à de nombreuses reprises que tout est possible en Formula E. Quand je pilotais, mon objectif était toujours de remporter le championnat à la dernière course chaque année, mais c’est un peu plus stressant en tant que manager de l’équipe !

Il y a tant de variables à chaque épreuve, mais c’est tout particulièrement le cas à Londres. Le temps peut être dégagé le matin et humide l’après-midi comme l’an passé. Cela peut changer la façon dont la voiture se comporte, mais aussi l’approche des pilotes. Il est alors nécessaire de s’adapter aux circonstances en tout temps.

Nous savons que les deux pilotes Abt sont très forts et leur écurie l’est également de plus en plus, mais il faut considérer que la menace peut venir de n’importe qui. Nous devons donc nous concentrer sur nous-mêmes et faire du mieux que nous pouvons.

Jean-Paul Driot, copropriétaire de l’équipe
La pause a été longue entre les courses, nous avons donc essayé d’optimiser tout ce que nous pouvions en vue de la finale. Le plus important est de s’assurer que tout le monde, mécaniciens, ingénieurs et pilotes, soient aussi frais que possible pour les deux dernières manches. Un grand défi nous attend et nous devons travailler de la même façon qu’au cours de l’année. Nous ne pouvons pas céder sous la pression.

Nous avons retiré des leçons de l’an passé dans ce domaine. Il faut nous rendre à Londres et y faire notre travail normalement et professionnellement. Gagner à Berlin était évidemment la meilleure manière de nous placer. Le milieu de la saison a été un peu agité, mais nous avons vu que les pilotes ont retrouvé pleine confiance en la voiture pour obtenir les meilleures performances.

Personnellement, j’aime courir au Royaume-Uni et c’est très nouveau de le faire à Londres. J’y ai vécu pendant sept ans, je connais donc bien, mais jamais je n’aurais pensé à une course au Battersea Park ! Avoir pu le faire durant deux ans est à mettre au crédit des organisateurs, et j’espère que nous trouverons un autre lieu impressionnant au centre de la capitale pour y revenir les futures années.

Vincent Gaillardot, Chef de projet Renault Sport
Comme l’an passé, les titres peuvent se remporter à la dernière course. C’est avec cela en tête que nous avons travaillé dur aux ultimes détails afin d’extraire toute la performance de la voiture. Nous avons travaillé sur tout ce qui était possible d’après le règlement avant de tout vérifier et revérifier.

Londres est une piste assez unique au calendrier. Sa surface est cambrée, très bosselée, mais certaines portions semblent avoir été resurfacées cette année. Le circuit est également très étroit. Les dépassements ne sont donc pas aisés, rendant les qualifications encore plus importantes. Disputer deux courses change peu de choses. C’est surtout un défi mental avec deux épreuves en deux jours. Il faut rester concentré tout le week-end et ne pas se relâcher après la première manche.

Savoir que les titres sont à notre portée crée une pression positive. Nous savons que nous disposons des moyens pour y parvenir : voiture, pilotes, équipe ; et nous sommes convaincus d’y parvenir.

Sébastien Buemi
C’est la finale et nous savons ce que nous devons faire, et comment bien le faire. Nous allons nous concentrer sur chaque petit détail, y compris la préparation, étudier la voiture et j’essaie d’être au simulateur autant que possible.

Londres sera très spécial. Les deux championnats sont encore ouverts, ce qui est très motivant pour un pilote. Pour le titre chez les pilotes, il suffit de terminer devant, mais de nombreuses variables comme la météo et le groupe de qualification peuvent affecter les résultats. Nous devons voir si Lucas et moi sommes ensemble : si nous nous alignons côte à côte, nous devrons batailler, mais s’il y a un écart, nous pouvons avoir une certaine marge. Il faut courir avec le sacre en tête.

Bien entendu, ce serait génial de l’emporter. L’an passé, j’ai perdu le titre pour une seule unité. C’était très dur à accepter. Je veux gagner et je me battrai pour les points jusqu’au dernier tour de la dernière course.

Nico Prost
J’aurais aimé être dans la lutte au titre, mais le début de la campagne a été très difficile avec quelques frustrations. Je me battais parfois pour une victoire ou un podium quand quelque chose arrivait et nous n’avons pas vraiment obtenu les résultats mérités.

C’était évidemment bien d’être sur le podium au Mexique et il y a eu d’autres courses solides, mais je veux désormais aider l’écurie à conserver sa couronne. Je peux aussi gagner quelques positions au classement général des pilotes, mais le principal est d’aider l’équipe ainsi que Seb tant que possible.

Londres est une piste intéressante et j’ai hâte de tirer parti des dernières épreuves de cette saison.

Article technique

Le futur de la Formula E
En deux saisons seulement, le Championnat FIA de Formula E n’a cessé de se renforcer. L’utilisation novatrice d’une technologie de pointe associée à un projet stable et durable a attiré de grands noms de l’automobile et des pilotes renommés. Mais que le futur réserve-t-il pour la catégorie ? Nous avons rencontré Vincent Gaillardot, Chef de projet Renault Sport, pour connaître les prochaines étapes de la Formula E.

« La saison 1 marquait la création d’une plate-forme stable, avant que la deuxième offre l’occasion d’innover. Les voitures étaient identiques en première année, mais cette fois, nous avons pu prendre différentes directions sur le groupe motopropulseur pour présenter des solutions techniques différentes. »

« En saison 3, nous pouvons aller encore plus loin dans l’optimisation des concepts choisis. L’année dernière, tout le monde était assez en retard dans l’introduction des nouveaux groupes motopropulseurs, y compris nous puisque nous n’avons entamé nos essais qu’à mi-juillet. Pour ces raisons, nous n’avons pas eu le temps de prendre trop de risques, mais nous sommes très satisfaits de notre choix que nous approfondissons pour en extraire davantage de performances et nous assurer d’avoir la meilleure voiture possible en début de saison. »

« Hormis l’optimisation des groupes motopropulseurs, le règlement restera en grande partie identique en saison 3. Les changements sont plutôt homogènes pour tous. Nous aurons un nouvel aileron avant, des pneus légèrement différents et la batterie disposera d’une plus grande capacité de régénération. Ces modifications représentent plus une évolution pour obtenir un package globalement amélioré que les équipes devront optimiser et étudier pour en extraire le meilleur. »

« Au-delà, la saison 4 sera la dernière avec les voitures et les batteries actuelles. Une fois de plus, il ne s’agit pas d’une évolution majeure, mais nous avons discuté avec la FIA d’une légère augmentation de puissance en course selon nos prévisions de fiabilité et d’autonomie. Cela dépend en grande partie de la façon dont les voitures et la batterie fonctionneront en saison 3, mais c’est une possibilité. »

« L’étape importante est la saison 5, qui marquera une véritable rupture des monoplaces actuelles. Nous disposerons d’une nouvelle batterie permettant aux équipes d’avoir une seule voiture par épreuve. Celle-ci devra donc doubler sa capacité et son autonomie, avec une puissance toujours plus élevée puisque nous visons les mêmes niveaux disponibles tant en qualifications qu’en course. Ce changement sera très impressionnant tant ses répercussions seront énormes pour la technologie des véhicules de série. Pouvoir optimiser la gestion de l’énergie sur un cycle deux fois plus long enverra un message très fort en faveur des véhicules électriques. »

« Généralement, il y a unanimité entre les équipes, la FIA, les constructeurs et les promoteurs à propos de l’avenir du sport. Chacun possède les mêmes objectifs : faire évoluer la technologie électrique et la promouvoir à l’échelle mondiale. Nous pouvons facilement trouver un consensus, de façon à fixer une feuille de route claire. Nous savons ce que nous voulons faire tout en gardant des budgets raisonnables sur le long terme pour que la discipline perdure dans le temps. »

« Développer la catégorie implique naturellement la présence de nouveaux marchés pour mettre en avant le produit. Le calendrier de l’année prochaine comprendra des courses à Hong Kong et, possiblement, New York, Montréal et Singapour, que des villes dynamiques ayant déjà adopté des technologies durables. »

« Le projet à long terme et la bonne qualité des courses ont attiré de nouveaux constructeurs et nous savons que la compétition se corsera. Nos objectifs sont toutefois les mêmes : gagner autant que possible et viser les titres chaque saison. »

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