La logistique dans la course

Trois écuries, quarante-huit moteurs, 70 tonnes de fret, trente personnes, mille billets d’avion, dix-neuf courses, cinq continents... La logistique est au cœur de Renault Sport F1.

Avec pour la première fois trois écuries à approvisionner durant la même année, Renault Sport F1 doit faire face en 2011 à des besoins logistiques particulièrement importants. Autrement dit, davantage de personnes et d’équipements à envoyer sur les sites de compétition et encore plus de pression pour mettre en place une organisation sans défaut. Car il est crucial que ce matériel arrive en temps et en heure afin de permettre aux équipes « moteur» de faire leur travail sur le circuit.

C’est l’objectif de Jean-Pierre Raymond, directeur de la logistique et de la sécurité, car il faut que les écuries disposent sur le circuit de tout ce dont elles ont besoin pour obtenir les meilleurs résultats. Selon le règlement de la FIA, chaque équipe partenaire peut utiliser huit moteurs par saison. Ils sont conçus et testés chez Renault Sport F1 à Viry-Châtillon. Avant chaque course, deux moteurs sont envoyés à chacune des trois équipes pour être montés sur leurs châssis. Par conséquent, quand la voiture arrive sur le circuit, elle est plus ou moins complète et prête à recevoir les réglages.

« Nous envoyons de Viry cinq ou six moteurs supplémentaires sur chaque course, précise Jean-Pierre Raymond. Pour la première course de la saison, en Australie, nous avons ainsi envoyé neuf moteurs au total, trois pour chaque équipe, en plus des moteurs déjà sur les châssis, puisque le fret partait ensuite directement de Melbourne vers la Malaisie, puis en Chine. Chaque moteur pesant environ 130kg, cela représente plus d’une tonne uniquement pour les moteurs. »

UNE ORGANISATION RIGOUREUSE

Envoyer des moteurs à travers le monde exige une organisation rigoureuse. Aussi, Jean-Pierre Raymond a-t-il affiné un système qui offre la sûreté - et surtout la rapidité - au transport du matériel sur les courses. « Les moteurs ne sont terminés qu’au dernier moment, peu avant les courses afin de profiter du maximum de temps pour affiner les réglages, explique-t-il. Nous envoyons donc les moteurs d’appoint par avion. Normalement, nous aurions besoin d’une permission spéciale pour les envoyer, car ils sont considérés comme des matières dangereuses. Cependant, nous avons établi un cahier des charges spécifique avec nos prestataires de transport stipulant que les moteurs sont reconnus comme des pièces techniques et ne sont en aucune façon instables. En outre, nous les vidangeons de tout carburant pour garantir la sécurité. »
De plus, Renault Sport F1 expédie du matériel aux écuries basées en Europe par un avion spécialement affrété au départ de Munich. Un point central concernant également les écuries Ferrari, Sauber et Toro Rosso qui partagent cet avion se rendant directement sur les Grands Prix. Les chargements concernent des nettoyants, du matériel de bureau et de l’outillage. Seulement un tiers du fret envoyé sur les courses est transporté ainsi. Le reste utilise des avions de fret classiques. Au total, chaque compétition nécessite en moyenne 3,6 tonnes de matériel. Avec dix-neuf courses dans l’année, cela représente près de 70 tonnes expédiées, presque le poids d’un avion commercial. Les résultats obtenus depuis le début de l’année démontrent que Jean-Pierre Raymond et son équipe remplissent parfaitement leur mission...

Des équipes sur le terrain

**Renault Sport F1 envoie trente personnes sur chaque course.

Chaque écurie bénéficie des services de sept personnes — deux ingénieurs, deux techniciens, un motoriste support, un électronicien ainsi qu’une personne en charge de la logistique / sécurité — plus le personnel du marketing, de la communication et du management... C’est plus d’un millier de billets individuels pour la saison, sans compter les séances d’essais !

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