Pour la première fois de l’histoire de la Formule Renault Eurocup, l’Australie est le pays le plus représenté au sein du peloton. Luis Leeds (Josef Kaufmann Racing), Thomas Maxwell (Tech 1 Racing), Alex Peroni (Fortec Motorsports), Thomas Randle (AVF by Adrián Vallés) et Zane Goddard (Arden Motorsport) sont présents pour faire forte impression et espérer suivre les traces de Daniel Ricciardo, deuxième de la catégorie en 2008.

Cette année, l’hymne australien a déjà retenti en Formule Renault Eurocup avec la première victoire d’Alex Peroni à Pau. Si ses compatriotes courrent encore après un premier podium, Thomas Maxwell s’est hissé dans le top cinq à Monza, Zane Goddard et Luis Leeds ont ouvert leur compteur et Thomas Randle surprend depuis ses débuts au Hungaroring. Mais qu’a bien pu amener ces Australiens à se retrouver dans l’un des championnats les plus relevés au monde ?

Une référence universelle

« En V de V, j’ai appris que le pinnacle de la Formule Renault était l’Eurocup », se rappelait Alex Peroni. « Dès lors, je n’ai cessé de comparer mes temps pour tenter de me situer ! »

« L’an dernier en F4 britannique, je savais que l’Eurocup était un championnat très relevé et possiblement la prochaine étape de ma carrière en monoplace », ajoutait Luis Leeds. « J’avais donc hâte d’être au volant d’une Formule Renault pour essayer la voiture ! »

Pour leurs compatriotes, la découverte était plus ancienne. « Cela fait quatre ans que j’en ai entendu parler », confiait Thomas Randle. « Je quittais le karting pour la monoplace en Australie et j’ai suivi de près les saisons 2015 et 2016. C’est assez cool d’être de la partie en 2017 ! »

Zane Goddard abondait dans le même sens : « Quand j’étais en kart, l’Eurocup était l’une des catégories où je voulais courir pour atteindre la F1. C’était une étape évidente dans la carrière de nombreux pilotes, encore plus lorsque je regardais le duel entre Bottas et Ricciardo à Silverstone. L’Eurocup est bien cotée dans notre pays car certains fans estiment que les meilleurs pilotes en sont issus, notamment avec Daniel Ricciardo. »

« Quand j’étais en kart, l’Eurocup était l’une des catégories où je voulais courir pour atteindre la F1. C’était une étape évidente dans la carrière de nombreux pilotes, encore plus lorsque je regardais le duel entre Bottas et Ricciardo à Silverstone. L’Eurocup est bien cotée dans notre pays car certains fans estiment que les meilleurs pilotes en sont issus, notamment avec Daniel Ricciardo. »

Une réputation en plein boom

« La Formule Renault Eurocup est une catégorie bien connue en Australie », jugeait Thomas Maxwell. « Elle est reconnue pour sa compétitivité et certains compatriotes y ont déjà rencontré un certain succès. C’est probablement l’une des premières catégories où nous voulons aller pour franchir un palier, car c’est une plateforme fantastique pour effectuer la transition en Europe. »

« La monoplace a un déficit de popularité en Australie », nuançait Alex Peroni. « Néanmoins, dès que l’on évoque le calendrier et le soutien de Renault, la catégorie gagne automatiquement le respect. »

« De plus en plus d’Australiens connaissant l’Eurocup grâce aux cinq pilotes engagés cette saison », se réjouissait Luis Leeds. « C’est fou de voir qu’à un moment l’an passé, j’étais l’un des trois Australiens qui effectuaient des essais en monoplace, et maintenant nous sommes si nombreux que les fans ne savent plus où regarder ! Ils savent qu’il s’agit d’un des championnats les plus relevés au monde aujourd’hui. Cela doit les rendre fiers de nous voir obtenir de bons résultats. »

Une école de la vie

À l’autre bout du monde, les Australiens ont dû s’adapter pour poursuivre leurs rêves, à l’exception de Luis Leeds.

« Je reviens à Melbourne tous les deux mois », Luis Leeds. « L’an passé, je vivais à Milton Keynes. Cette année, le calendrier est bien réparti et me permet d’y retourner fréquemment. Mes débuts en Europe étaient assez durs, il faisait très froid, mais j’ai pu voir assez régulièrement de bons amis et de la famille au Royaume-Uni. Être près de l’équipe peut aussi être un bonus, mais je vis désormais principalement en Australie et je vais en Europe quand les meetings s’enchaînent. En parallèle, je travaille avec mon père et je suis toujours occupé ! »

Un discours qui dénote par rapport à ses compatriotes... « L’an passé, je me suis installé en Europe pour courir en British F3 », confiait Thomas Randle. « J’ai été assez chanceux que mon ingénieur m’héberge jusqu’à aujourd’hui. C’est tout un défi de quitter sa famille, surtout que je suis très proche de mon père depuis mes débuts. C’est parfois le grand huit entre le frisson de la course et la routine quotidienne avec les entraînements, la nutrition… Heureusement, je peux faire un peu de coaching en plus de mon programme en British LMP3 Cup à défaut d’avoir un vrai travail ! En parallèle, je retourne parfois en Australie pour des essais afin de garder des options pour mon avenir. »

« J’ai profité de la pause estivale pour aller en Australie », confiait Alex Peroni. « La distance est trop grande sinon, donc je me divise entre l’Italie chez mes grands-parents et Fortec en Angleterre pour travailler au simulateur et préparer les week-ends de course. »

« J’y suis également retourné durant l’été européen », témoignait Zane Goddard. « Sans cela, je suis en Grande-Bretagne pour être plus proche de l’équipe. Je vis dans un appartement situé dans le même immeuble que certains mécaniciens de Renault Sport. Et c’est assez cool quand mes parents font le déplacement pour venir suivre mes courses ! »

« Avec l’enchaînement des week-ends, je ne fais probablement qu’un ou deux allers-retours par an », résumait Thomas Maxwell. « En faire plus prendrait du temps, sans compter le décalage horaire ! En attendant, je vis seul dans le village de Silverstone. Cela offre une certaine liberté et une excellente plateforme de développement personnel. On doit apprendre par soi-même et cela vous pousse à gagner en maturité et à assumer les responsabilités de la vie quotidienne ! »

« Cela offre une certaine liberté et une excellente plateforme de développement personnel. On doit apprendre par soi-même et cela vous pousse à gagner en maturité et à assumer les responsabilités de la vie quotidienne ! »

Ricciardo, la référence

« Je garde de précieux souvenirs de mon passage en Formule Renault. C’était il y a dix ans, mais déjà à l’époque, le niveau était extrêmement relevé. Cela implique de nombreux aspects dans la formation d’un pilote : développer et progresser son style de pilotage, adopter une hygiène de vie saine ou encore se préparer à chaque instant pour battre ses adversaires, qu’il s’agisse de moi-même ou de mes concurrents comme Valtteri Bottas à l’époque ! J’ai eu la chance d’être enrôlé par Red Bull après des essais à Estoril sous le regard de Dr. Helmut Marko, ce qui montre à quel point cette catégorie est toujours scrutée. C’est peut-être ce qui m’a permis d’arriver ensuite en F1 dans de parfaites conditions : l’environnement sur les circuits et en dehors. Pour me rejoindre, je ne peux que leur conseiller de travailler dur tout en gardant notre célèbre état d’esprit australien ! »

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