Pilote de développement Renault Sport, Laurent Hurgon a le redoutable privilège de conduire, presque chaque jour, Nouvelle Mégane R.S. Entre deux séances d’essais, il a trouvé quelques minutes pour revenir sur son parcours et… distiller quelques informations sur le futur modèle.

Quel a été votre parcours pour arriver jusqu’à Renault Sport ?

« Après le karting, j’ai participé à plusieurs championnats sur circuit, avec notamment un titre en Coupe Caterham. Je suis ensuite devenu moniteur de pilotage sur un circuit. Dans ce cadre, nous travaillions pour des constructeurs, afin de leur fournir des analyses de leurs produits ou de la concurrence. Je suis ensuite rentré chez un constructeur avant de rejoindre Renault en 2004. J’ai intégré le service liaisons au sol, nouvellement créé en interne chez Renault Sport pour intégrer des prestations auparavant sous-traitées. »

En quoi consiste votre métier ?

« Le métier de pilote de développement me place dans le rôle de fil conducteur lors du développement d’un nouveau véhicule. Je dois me mettre à la place du plus grand nombre de conducteurs et veiller à ce que le cahier des charges initial soit respecté. Cela impose une rigueur extrême, pour détecter et corriger le moindre défaut de comportement. Je dois aussi synthétiser les retours des autres pilotes participant à ce processus. »

Quels sont les souvenirs les plus marquants ?

« Lors de mon premier entretien, Philippe Mérimée – le responsable du service liaisons au sol – était venu me chercher avec le prototype de Mégane II R.S. Trophy. Pour ce premier contact, j’avais été interpellé par le niveau de performances et d’inconfort ! Depuis, nous avons inlassablement progressé au fil des modèles et le plus emblématique est peut-être la R26.R, développée en binôme avec Vincent Bayle. Nous sortions de notre contexte habituel de travail, j’avais l’impression de développer une voiture de course pour la route ! En parlant de compétition, j’ai également eu la chance de travailler sur les Formule Renault, Renault Sport R.S.01, Clio R3T, Clio Cup… Et que dire quand l’objectif de l’année est de battre un record sur le Nürburgring ? Cela mobilise toute la société et requiert un brin de folie qui nous motive davantage dans la quête des réglages parfaits. C’est comme faire du sur-mesure dans un magasin de prêt-à-porter ! »

Est-il facile de trouver encore des axes de progrès ?

« Avec l’expérience et l’expertise de notre service, nous ne partons plus d’une feuille blanche. Les ingénieurs qui nous entourent réalisent des simulations pour nous aider à améliorer les prestations des modèles précédents. Le but est de peaufiner ce travail pour faire encore mieux malgré une fenêtre de tir et des délais de plus en plus minces. Les nouvelles technologies imposent également des remises en cause permanentes. Il y a aujourd’hui des incontournables comme le différentiel électronique ou les quatre roues directrices qui nous permettent de sortir du lot avec Mégane GT. »

Que pouvez-vous nous dévoiler sur Nouvelle Mégane R.S. ?

« Nous avons retenu les enseignements des versions précédentes, tout en étudiant la concurrence afin de proposer des prestations de référence dès la sortie du véhicule. C’est un marché très compétitif, où tous les grands constructeurs sont impliqués. Pour un lancement prévu début 2018, nous allons pouvoir travailler jusqu’en septembre. Nous entrons dans la mise au point finale et nous savons ce que nous voulons. À ce stade, nous prenons beaucoup de plaisir au volant : plus nous alignons les kilomètres et plus nous sommes satisfaits, avec des niveaux de performances supérieurs à ceux de la génération précédente. Je peux vous dire que Nouvelle Mégane R.S. sera polyvalente, avec une double offre sur la boîte de vitesses, manuelle ou automatique. »

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